T'as juste à pardonner! 1ère partie

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T'as-juste à pardonner (première partie)


par Denis Morissette


Pour beaucoup de croyants, le pardon est le remède à tout. Les expressions « Tu n'as pas vraiment pardonné ou tu dois pardonner... et tout s'arrangera » ressemblent davantage à une recette magique qu'à une démarche profonde et efficace. Le pardon ne règle pas tout bien sûr, mais demeure une étape importante sur le chemin de la guérison.

Ce genre de réflexion-cliché n'aide en rien ceux qui ont besoin de pardonner. À la limite, cela place sur eux un fardeau supplémentaire puisqu'en plus d'avoir été blessé ou de souffrir l'offense dont ils ont été l'objet, ils doivent maintenant composer avec la culpabilité de ne pas pardonner. Les gens qui donnent ce genre de conseil manquent parfois de sensibilité et de compassion. Mettez-vous quelques instants à la place de ces gens que je rencontre chaque semaine. Certains ont été abusés par un père ou un beau-père qui, comme adulte, était supposé les protéger en tant qu'enfant. Les sévices dont ils ont été victimes sont effroyables. Ils ont été utilisés, trahis, meurtris. Leur douleur est immense. Et avec cette douleur vient la peur que le cauchemar se répète et perdure, et cela même des années plus tard. Leur dire simplement « tu n'as qu'à pardonner et tout sera réglé » c'est mal comprendre la réalité de ces souffrances et c'est donner au pardon la saveur d'une potion magique. Ce qu'il n'est pas. La personne blessée résiste à l'idée de pardonner par peur d'être blessée à nouveau. Voilà pourquoi, elles doivent comprendre ce qu'est le pardon, mais aussi ce qu'il n'est pas.
Pardonner, ce n'est pas « s'excuser » !


Certaines personnes pardonnent par désespoir, par peur de perdre. Un mari trompe sa femme et celle-ci spontanément lui pardonne tout sur le champ. « Allez, je te pardonne et on oublie tout ». Refoulant colère et douleur par peur d'un mariage qui pourrait s'effondre. Une autre, face à la même situation malheureuse, refuse de pardonner craignant qu'en l'excusant ainsi, il puisse recommencer. Pardonner n'est pas excusé dans le sens de tolérer ou de ne pas considérer la gravité de la situation.


Voilà pourquoi, pour éviter l'effet néfaste d'un pardon facile et qui ne règle rien, je vous propose une petite stratégie appelée les 4 « R » qui est développée dans la 2ème partie:
1- Responsabilité
2- Remords
3- Réparation
4- Répétition

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Publiée avec l'accord de son auteur (lettre de nouvelles du 14 septembre 2014)

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