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Cosette Fébrissy

Posted in: Activités DPDS-Suisse

COSETTE FÉBRISSY

Nationalité : France

Biographie : Cosette Fébrissy est psychologue clinicienne, psychopédagogue, auteur et formatrice en relation d'aide. Elle anime de nombreux séminaires de développement personnel.

Source : site personnel, a co écrit « Mieux vivre la solitude » et « Seule et sereine »

Un extrait de : Seule et sereine

Une enquête révèle que le nombre de personnes vivant seules ne cesse d’augmenter, qu’elles soient célibataires, divorcées, veuves ou séparées, avec ou sans enfants. L’allongement de la vie aidant, chacun de nous a été, est ou sera « solobataire ». Même ceux qui vivent en couple connaissent parfois la solitude.

Phénomène assez récent, d’une grande ampleur !

L’auteure explique les origines historiques de ce phénomène sociologique et explore les divers aspects de la solitude, les frustrations et les pièges que les personnes seules affrontent quotidiennement. Elle propose aussi des pistes de réflexion originales et des outils concrets et efficaces pour mieux vivre la solitude et progresser sur le chemin de l’épanouissement et de l’autonomie.
Extrait : "I - Approche sociologique, théologique et psychologique

L’émergence d’un phénomène nouveau
Une enquête récente réalisée par l’IFOP, confirmée par l’INSEE, auprès de célibataires, divorcé(e)s, veuves ou veufs révèle que la solitude gagne du terrain. Ce fait culturel nouveau, récent et dynamique se vérifie dans tous les pays européens. Il s’agit, dit le sociologue Jean-Claude Kaufmann, « d’un mouvement social dont la portée n’est pas encore perçue dans toute son ampleur. Dans les mentalités, en effet, continue de dominer une image négative des “solos”. Ils sont perçus comme ayant, d’une manière ou d’une autre, échoué dans leur vie « privée ».

Vivre en solo était autrefois considéré comme une situation marginale ; de nos jours celle-ci est de plus en plus présente et acceptée dans notre société. Elle devient une façon normale de vivre, qui a désormais sa place dans la norme élargie des différentes manières de construire sa vie. Ce fait social nouveau écorne sérieusement l’image du « vieux garçon » et de la « vieille fille » qui n’a plus grand chose à voir avec la réalité d’aujourd’hui.
Ainsi, plutôt qu’une imparfaite vie en couple, ils sont de plus en plus nombreux à préférer le célibat. «  Je n’ai pas besoin d’un conjoint pour vivre normalement au quotidien, mais j’ai besoin d’un compagnon pour vivre mieux », dit Brigitte.

Le sentiment d’être heureux est présent chez bien des femmes qui perçoivent le célibat comme un choix de vie. Elles affirment souvent que vivre en solo peut être aussi source d’épanouissement. À l’exemple d’Estelle : « Je suis divorcée mais heureuse. Cela étonne mes amis. Parce qu’il n’y a rien de pire que de se sentir seul quand on vit à deux. » Ce sentiment d’épanouissement vient de la liberté et de la force nouvelle qui se dégagent de l’autonomie. Décider soi-même, les grandes et les petites choses, sans avoir à rendre compte est porteur de plaisir. Joëlle raconte : « Grâce à la disponibilité qu’offre le célibat, j’ai parcouru une trentaine de pays. Ces voyages m’ont permis d’apprendre de nouvelles langues et de mieux rencontrer la population locale, ce qui a été un enrichissement pour ma vie. »

L’irrésistible essor de ce phénomène dessine de nouvelles formes de relations. C’est un fait totalement inédit, en particulier pour les femmes qui n’ont jamais connu cela dans l’Histoire. Cette situation contraste avec le rôle féminin traditionnel, celui de la femme et de la mère dévouée corps et âme à son mari, à sa famille et à ses enfants et qui faisait par conséquent passer ses aspirations personnelles au second plan.

Ce devoir d’abnégation, les femmes n’entendent plus en assumer le poids. « Je ne vais pas me défaire d’un certain bien-être pour quelqu’un qui voudra passer ses soirées et ses week-ends affalé sur un canapé ! », déclare Karine. En cela elle rejoint É. Badinter : « En vérité le couple, loin d’être un remède contre la solitude, en sécrète les aspects les plus détestables. » Les femmes se définissent de moins en moins, comme hier, par leur condition matrimoniale, par exemple Madame ou Mademoiselle, mais davantage par le fait qu’elles sont des sujets, des individus à part entière. (...)

Toutefois il faut nuancer ce nouvel enthousiasme. Tout n’est pas parfait ni sans ombres. La vie en solo met en relief de manière évidente les manques affectifs et les difficultés relationnelles.

Les solobataires nous rappellent, dit Xavier Lacroix, « que nous avons chacun une vocation personnelle… que la famille n’est pas tout. Les célibataires qui vivent avec sérénité leur célibat sont un enseignement fort sur l’importance des autres relations sociales, amicales, communautaires dont ils vivent davantage. »

Les racines de ce phénomène
D’où vient ce mouvement, qui pousse aujourd’hui des millions d’hommes et de femmes, souvent malgré eux, à vivre en solo ? Pourquoi leur nombre continue-t-il d’augmenter, année après année, inexorablement ? Pour Jean-Claude Kaufmann, « la réponse à ces questions est difficile à entendre parce qu’elle bouscule trop d’interdits, qu’elle remet en cause le socle essentiel de notre société. »

Tout d’abord, n’oublions pas que pendant des millénaires, les sociétés successives ont été orientées vers la reproduction de la vie et la transmission, de génération en génération, d’un patrimoine biologique, matériel, culturel et spirituel. Dans ces différents systèmes sociaux, l’alliance du mariage occupait la place centrale à partir de laquelle se constituait la famille et donc la société. Peu d’événements relevaient d’une décision personnelle. Les institutions, religieuses en particulier, aménageaient le destin pour que survive la famille. L’anthropologue Lévi-Strauss évoque bien cette époque lorsqu’il dit : « Notre espèce humaine est précaire, biologiquement mal équipée pour la sélection naturelle, elle aurait dû disparaître. Elle compensera sa faiblesse en inventant la solidarité du groupe et, au premier rang, la famille, qui permet la survie de l’espèce. »

L’évidence de la mort, toujours prématurément possible, et la fragilité de l’existence, faisaient que l’individu devait s’effacer au profit du groupe. Chacun tenait son rôle et sa place, dont la plus importante était de transmettre la vie. Selon le philosophe René Girard, « l’idée d’autonomie ou de bonheur personnel était impossible, barrée jusque dans l’imaginaire. »

C’est pourquoi l’idée de vivre en solo était perçue comme anormale, voire contre nature, réservée aux seuls religieux, considérés comme étant hors de la chaîne de transmission de la vie. La femme seule, comme l’homme seul, n’étaient rien sans la communauté. De plus la femme n’était rien sans un homme. Ainsi le célibat féminin était doublement intolérable. La veuve n’était guère mieux considérée. Car la vie hors mariage des femmes était plus impensable et insensée que celle des hommes. La femme gardait toute sa vie le statut de mineure. Elle n’existait qu’en fonction de l’institution du mariage.

Deux mots résument les relations dans la société pendant ces millénaires : survivre et transmettre. Le bonheur était tout relatif, l’urgence faisait loi. Les attentes étaient très réduites. La mort, qui menaçait en permanence chaque membre du groupe et imposait la tâche de transmettre la vie, élevait le devoir au niveau de vertu. « L’avenir était tout tracé d’avance6. » C’est la raison pour laquelle les relations se définissaient par les devoirs. L’individu s’effaçait devant le groupe. Il raisonnait ses rapports à la société en fonction de ses devoirs qui lui donnaient un rôle, et dans ce rôle une identité. En remplissant bien ses devoirs, il recevait une identité.

L’enseignement de l’Église consista souvent à sacraliser et à sublimer ces obligations. Ainsi la femme devait trouver son identité dans son rôle et ses devoirs de mère. Il lui était très difficile de se construire une identité personnelle en dehors de ce rôle. Cela amena une confusion entre le rôle social et l’identité psychologique personnelle.

Pour que ce système fonctionne, il fallait que la notion de mort et de précarité soit présente au quotidien. C’était le cas, selon la formule d’un historien français : « La mort était au centre de la vie, comme le cimetière au centre du village. »

Depuis les années 1950-1960, la durée de la vie humaine a fait un bond vertigineux et continue de progresser dans ce sens, ce qui a provoqué un changement fondamental des relations dans la société.

Aujourd’hui nous percevons et raisonnons nos relations en fonction non plus de nos devoirs, mais de nos droits, puisque l’individu est libre d’exister personnellement et d’avoir des droits sans mettre en cause la survie du groupe. Si dans le devoir accompli et dans le rôle donné par le groupe, chacun parvenait à trouver son identité, il n’en est pas de même en ce qui concerne les droits. Et le grand problème qui se pose aujourd’hui est celui de l’identité et du sens que chacun veut trouver pour lui-même. Libéré des contraintes ancestrales, l’être humain porte seul le fardeau de son existence. Autrement dit, l’allègement des contraintes traditionnelles fait que l’individu est de plus en plus un poids pour lui-même ce qui le conduit à se percevoir comme un sujet victime.

À présent, chacun est responsable de lui-même et de son existence, le solobataire comme la personne vivant en couple. Cette nouvelle responsabilité a mis en évidence une double aspiration : le besoin de liberté et la nécessité d’épanouissement personnel.

Après s’être trop préoccupées des autres, certaines personnes décident de vivre pour elles-mêmes. Elles estiment alors nécessaire de s’accorder du temps pour s’écouter et pour s’exprimer. « De nombreuses féministes font le choix de vivre seules, non seulement pour mettre en accord leur vie privée avec leur idéologie, mais aussi pour se récupérer en tant que personne, “je” libre et autonome. »

Ajoutons qu’environ cinquante ans sont nécessaires pour changer ce que l’on appelle l’inconscient collectif. Ce qui veut dire qu’aujourd’hui nous avons encore en tête des schémas de pensée de type « devoirs », tout en fonctionnant au sein de relations de type « droits ». Le conflit intérieur que cela crée chez certaines personnes risque d’être très culpabilisant.

Mais ce nouveau type de relations, s’il fragilise l’individu, le couple et la famille, n’est-il pas aussi une voie vers l’épanouissement réel de chacun ? Finalement la société est un peu comme une machine qui, en se complexifiant, se fragilise, mais devient aussi plus performante. Le risque réel est que l’individu devienne égoïste, trop individualiste, et n’assume pas ses nouveaux droits de manière responsable.

Ce qui est nouveau, et qui constitue un changement identitaire radical, c’est que l’on ne demande plus aux femmes d’être sous la tutelle d’un homme (père, mari, frère, voire oncle) pour avoir une identité et une existence personnelles. Si dans le passé, l’homme perçu comme détenteur du pouvoir et de la puissance (expression phallique de son identité) était placé au centre de la société, la fin du patriarcat a mis un terme à la domination masculine. On voit poindre les valeurs féminines basées sur le désir. Dès lors, c’est par le travail et les études que la femme s’émancipe et non plus par le mariage. La femme solobataire trouve ainsi sa place dans la société contemporaine, place qu’elle a fortement contribué à construire.

Cela étant posé, en second lieu, rappelons-nous que la société occidentale a été très influencée par la pensée de l’Église. De ce fait, elle a largement déterminé la place des personnes dans la famille comme dans la société. Le modèle familial préconisé par l’Église s’inspire le plus souvent de la conception de la famille que l’on trouve dans l’Ancien Testament.

Remontons, pour mieux comprendre, aux racines hébraïques de la Bible. Nous constatons que dans l’Ancien Testament la tradition hébraïque n’accorde aucun statut aux célibataires. Le mot lui-même n’existe pas dans la langue de l’époque ! Cette absence de statut s’explique par le fait que chez les Hébreux la transmission dans la famille d’une descendance mâle garantissait la survie de la lignée familiale, donc l’avenir. Pour eux, comme pour bien des peuples antiques, leur survie après la mort était liée à la survie de la famille et de son nom. Le nom était bien plus que la marque d’identité à un groupe. C’était la meilleure façon d’assurer sa survie après la mort. C’est pourquoi pour l’Hébreu il était difficile de voir son nom s’éteindre. C’est pour cela qu’il se devait d’avoir des enfants mâles, signe de confirmation pour lui de la bénédiction divine sur sa vie (Psaumes 127, 128). Par conséquent le célibat et la stérilité étaient perçus comme une malédiction".
Cosette Fébrissy

http://www.editions-empreinte.com/10114-seule-et-sereine-febrissy-empreinte.html

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